II - L’Homme descend du singe : Pourquoi ce dernier ne possède pas la même faculté?

I.      L’Homme descend du singe : Pourquoi ce dernier ne possède pas la même faculté?

 

 

a)      Hypothèse de Darwin (première partie de la théorie)

 

Darwin décrit notre évolution  à partir des  chimpanzés  qui disposent  du même  code génétique que nous à plus de 90%. Le génome humain apparut à la suite de la mutation des chromosomes x et y lors de rapports sexuels entre ces espèces. Ce n’est que plusieurs milliers d’années plus tard  suite aux climats, et à l’environnement que l’évolution de l’homme s’attribuât une morphologie à notre image.

 

 

b)      Pourquoi les singes ne parlent-ils pas ?

 

Nous partageons, avec les chimpanzés, 99% de notre patrimoine génétique. Ce petit pourcent de différence nous démarque pourtant nettement : nous possédons la parole, eux pas. Petite leçon d'anatomie.

Parler, ce n'est pas seulement bouger les lèvres. Cette activité nécessite un appareillage anatomique complexe appelé appareil phonatoire. Il est formé des poumons, de muscles, du larynx, du pharynx, des fosses nasales, des cordes vocales, du voile du palais, de la langue et des lèvres ! Chez les singes, cet appareil est complet mais incapable de produire le moindre mot.

Cela s’explique par :

 

  Un larynx mal placé


En effet, chez ces animaux, le larynx est situé trop haut. Ce léger décalage n'est pas sans conséquence. Car cet organe est le principal élément de l'appareil phonatoire, c'est lui le producteur de sons.

Véritable instrument de musique, il est formé d'une charpente cartilagineuse recouverte d'une muqueuse dont les replis forment les cordes vocales. Le tout est situé sur le trajet de l'air, entre la soufflerie qui commande l'expiration, les poumons, et les cavités de résonance qui moduleront le son.

De la position du larynx dépend donc la capacité à articuler. Chez l'humain par exemple, il est en position haute chez le bébé, et descend progressivement à partir de 4 mois et jusqu'à l'âge adulte. Grâce à cet abaissement apparaît une cavité : la cavité pharyngée, délimitée par le dos de la langue.

 

  Des "caisses de résonances" trop petites


Chez les grands singes, nos plus proches cousins, le larynx ne connaît que la position haute, même à l'âge adulte : il est situé presque au même niveau que la langue, et débouche immédiatement dans les cavités nasales. Par conséquent, leur cavité pharyngée n'est pas assez volumineuse. La gorge des singes ne peut donc pas donner toute leurs amplitudes et leurs contrastes aux sons émis par les cordes vocales. Bref, les possibilités vocales des singes sont inférieures à celles d'un bébé de 3 mois ! 

Un exemple ? Pour produire les 3 voyelles cardinales i, u et a (les autres voyelles sont comprises entre ces 3 voyelles), il faut que les vibrations des cordes vocales soient filtrées par deux résonateurs : la cavité bucco pharyngée et la cavité laryngée. Cette dernière étant pratiquement inexistante chez les singes, elle ne permet pas de produire, de manière stable, les voyelles cardinales des langues humaines. Bref, si les singes ne parlent pas, c'est en partie parce qu'ils ne possèdent pas les outils anatomiques adéquats.

  Incapacité cognitive


Cependant, des travaux ont montré que les larynx hauts ne sont pas si handicapants. D'ailleurs, la position haute du larynx chez les bébés humains ne les empêche pas, dès l'âge de 4 mois, d'imiter certaines voyelles. Ni de commencer à produire des mots, quelques mois plus tard, alors que leur larynx est encore haut dans le cou. La cause de l’incapacité à parler des singes se situerait donc aussi ailleurs : du côté des capacités cognitives nécessaires à la maîtrise du langage.

D'ailleurs, on n'est jamais parvenu à apprendre un vrai langage des signes à ces animaux. Même si les chimpanzés, en captivité, parviennent à mémoriser 250 signes et symboles, et à s'en servir pour "discuter" avec leur maître, ces conversations restent limitées. On n'a jamais vu de singe raconter des histoires.

 

 

c)      Comparaison entre le bébé et le singe qui possèdent un larynx similaire.

 

Si nos cousins primates n'ont pas réussi à accéder au langage humain malgré tous les efforts entrepris, on a longtemps cru que c'était en grande partie dû à l'anatomie particulière de l'appareil phonatoire des singes. Chez ces derniers, comme chez le nourrisson humain d'ailleurs, le larynx est placé très haut dans le cou ce qui le rendrait incapable de produire tous les sons du langage humain. Cette position a toutefois certains avantages puisque les singes et les bébés peuvent par exemple respirer par le nez tout en continuant de s'alimenter.

Des travaux de modélisation et de simulation ont cependant montré que les capacités phonatoires des larynx haut n'handicapent que relativement peu les primates ou les bébés au niveau du langage. D'ailleurs, la position haute du larynx que l'on observe chez les bébés humains ne les empêche pas, dès l'âge de 4 mois, d'imiter les voyelles " i ", " a " et " u " des adultes et, huit mois plus tard, alors que son larynx est encore très haut et sa cavité pharyngale très peu volumineuse, de produire ses premiers mots. La cause de l’incapacité à parler des primates et des bébés se situerait donc plutôt au niveau des capacités cognitives nécessaires à la maîtrise du langage.

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site